samedi 10 juin 2017

Conjonction Lune-Saturne – Rapport d'observation astronomique 2017.06.09.s

Hier soir, 9 juin, j'ai profité de l'un de nos premiers beaux soirs d'été, doux et confortable, pour faire, aux alentours, une petite sortie aux jumelles 9x63. Le ciel était dégagé, avec cependant un mince filet nuageux à l'horizon, qui donnait du caractère à ma principale observation : la conjonction Lune-Saturne.

La Lune était pleine et Saturne à peine à cinq nuits de son opposition. Les deux étaient séparées d'à peine 2°. Comme c'était encore le crépuscule et qu'elles se levaient, le tout, à travers le mince filet de nuages, avait une agréable teinte orangée. Saturne se présentait comme une petite forme oblongue, sans toutefois la possibilité de bien distinguer les anneaux de la planète elle-même. Quant à la Lune, plusieurs éléments de son relief étaient bien visibles. Outre les grandes mers les plus connues, j'ai observé Mare Undarum, Palus Somni et les taches sombres formées par des dépôt pyroclastiques dont le dépôt pyroclastique Aestuum. Ces dépôts sont rendus plus facilement visibles par l'éclairage direct de la pleine Lune. J'ai aussi observé quelques cratères : Grimaldi, au fond très sombre, et Copernic et Tycho, mis en valeur par leurs rayons d'éjectas.

J'ai ensuite jeté un coup d'oeil à Jupiter, petite tache ronde accompagnée, à gauche, des lunes Callisto et Ganymède. Je n'ai cependant pas remarqué, à droite, Io ni Europe.

Comme c'était encore le crépuscule, je n'ai pas vraiment tenté d'observer le ciel profond, hormis un bref coup d'oeil à Arcturus et Polaris.

dimanche 21 mai 2017

Sortie d'initiation à l'astronomie – Rapport d'observation astronomique 2017.05.20.s

Hier soir, 20 mai, je suis allé avec Thérèse et Guy, un couple d'amis, faire une courte sortie d'observation à la campagne. Nous avons observé sous un beau ciel dégagé et sans Lune, mais avec une forte turbulence, de 22h00 à 23h15. Nous étions sur le bord d'une petite route, au même endroit qu'hier, alors que j'étais avec mon frère Emmanuel, entre un champ et un petit bois, assez près du fleuve. Nous entendions le coassement des grenouilles et humions le fumet campagnard de sympathiques bovins. Nous avons utilisé ma lunette de 120 mm d'ouverture et de 600 mm de longueur focale, avec des oculaires qui permettaient de grossir 24x, 50x et 86x.

Guy avait déjà fait de l'astronomie une fois, avec Emmanuel, François B. et moi-même, en 2014 ou 2015, mais Thérèse en était à sa première sortie réelle d'observation. Aussi, j'avais préparé la soirée en choisissant des objets célestes « classiques », beaux à observer, faciles à trouver et qui, par ailleurs, représentaient bien l'ensemble des catégories d'objets observables. Pour l'essentiel, il ne nous a manqué qu'une nébuleuse, mais ce n'est que partie remise.

La soirée d'observation a commencé dans l'auto, où j'ai pu donner quelques informations à Thérèse sur les objets célestes que nous allions observer : que sont les objets que nous allons observer et quelle est leur distance de la terre? Une année-lumière, par exemple, est la distance parcourue par la lumière en une année. Quand on sait que la lumière parcourt 300 000 km en une seconde, on devine qu'une seule année-lumière est déjà une distance … astronomique!

Une fois sur place et le matériel installé, nous avons commencé l'observation, pour nous situer, en faisant la reconnaissance de quelques astres et constellations. D'abord, l'étoile polaire haute au nord, la Petite Ourse, Cassiopée proche de l'horizon nord et la Grande Ourse au-dessus de nos têtes. Puis d'ouest en est, en passant par le sud : Castor et Pollux des Gémeaux, le Lion en forme de sphinx dans le désert, Jupiter dans la constellation de la Vierge et le Scorpion qui commençait à se lever. Juste au-dessus de l'horizon sud, enfin : le Corbeau en forme de trapèze.

Le premier objet céleste observé à la lunette a été la planète Jupiter, dont les deux bandes nuageuses équatoriales, vaguement brunâtres, se sont faites visibles à 86x. À gauche se voyaient les lunes Callisto et Europe et, à droite, Io et Ganymède, découvertes par Galilée, lorsqu'il a braqué sa lunette vers le ciel en 1610. Jupiter et ses lunes se trouvent à environ 20 minutes-lumière de la Terre et sont les plus proches objets célestes que nous avons observés lors de notre sortie.

Avant qu'il ne disparaisse dans les arbres, à l'ouest, nous avons pu observer l'Amas de la Crèche, M44, un magnifique amas ouvert qui remplissait le champ de l'oculaire avec ses dizaines d'étoiles. Cet amas est situé à environ 550 années-lumière de la Terre. (Précision: les objets célestes désignés par la lettre « M » suivie d'un nombre, comme « M44 », sont des objets du catalogue créé par Charles Messier en 1774. Ce sont parmi les objets les plus connus des astronomes amateurs et ils sont souvent appelés « objets Messier ». Messier avait dressé ce catalogue pour que ses collègues astronomes et lui-même évitent de les confondre avec des comètes.)

Nous sommes ensuite passés à un amas globulaire : le Grand amas d'Hercule, M13. Cet amas constitué d'un demi-million d'étoiles nous apparaissait comme une tache floue, au cœur plus lumineux que sa périphérie, et bien moins étendue que l'Amas de la Crèche. À fort grossissement, quelques étoiles se distinguaient du fond diffus de l'amas. le Grand Amas d'Hercule est situé à environ 22 000 années-lumière de la Terre.

Les trois objets observés ensuite étaient visibles ensemble, à 24x : la Galaxie du Sombrero, M104, l'astérisme (ou dessin d'étoiles) « Jaws », en forme de requin, et l'astérisme Canali 1 ou Struve 1659. Nous les avons toutefois plutôt observés individuellement à 50x.

La Galaxie du Sombrero se présentait comme une petite tache ovale floue mais bien distincte. C'est l'objet le plus lointain et le plus populeux observé lors de notre sortie. Situé à environ 28 000 000 d'années-lumière de la Terre, cette galaxie est constituée des centaines de milliards d'étoiles!

« Jaws », quant à lui, est un astérisme dont les étoiles, en raison du hasard des alignements, forment le dessin d'un requin avec une immense mâchoire, un dos arqué et un aileron saillant. Les étoiles de cet astérisme sont situées à des distances variées de la Terre.

Quant à l'astérisme Canali 1, qui forme un grand triangle équilatéral avec un plus petit triangle en son cœur, seules ses cinq plus brillantes étoiles étaient facilement visible : l'une des étoiles du petit triangle étant assez difficilement perceptible. Les étoiles de cet astérisme sont situées à des distances variées de la Terre.

Nous sommes ensuite passés à l'étoile double Albireo dont les couleurs orange de la plus brillante et bleue de la plus discrète étaient bien perceptibles. Selon Wikipedia, on les appelle parfois « le Topaze et le Saphir ». On a longtemps cru qu'il s'agissait d'une double optique, dont les étoiles sembleraient proche l'une de l'autre en raison du hasard des alignements, mais ce n'est pas le cas : il s'agit d'une vraie étoile binaire, dont les deux constituantes tournent l'une autour de l'autre. Elles sont situées à environ 434 années-lumière de la Terre.

Et là, ô merveille! la surprise de notre soirée : en regardant vers l'est, la planète Saturne qui se levait, presque au ras de l'horizon! Holà! Comment ne pas en profiter pour observer se joyau du ciel? À 50x, son anneau était bien visible mais, comme elle était toute proche de l'horizon, elle avait une teinte orange très marquée, comme le soleil qui, se levant ou se couchant, prend une teinte rouge. Je ne suis pas certain, mais je crois avoir discerné, bien faiblement, la lune Titan.

Pour terminer notre sortie d'observation, nous avons jeté un coup d'oeil rapide à un autre amas globulaire, M4, proche de l'étoile Antarès. Cet amas aussi se levait. Il se présentait comme une tache floue plus faible et apparemment plus homogène que M13, observé plus tôt. M4, l'amas globulaire le plus proche de la Terre, est situé à environ 7000 années-lumière de nous.

Gagnés par le froid, nous avons plié bagage vers 23h15. J'étais particulièrement ravi de cette sortie d'observation qui a permis à mes deux amis Thérèse et Guy de contempler quelques merveilles du ciel. Carpe noctem!


samedi 20 mai 2017

Courte sortie en campagne – Rapport d'observation astronomique 2017.05.19.s

Hier soir, 19 mai, je suis allé avec mon frère Emmanuel faire une courte sortie d'observation à la campagne. Nous avons observé sous un beau ciel dégagé et sans Lune, mais avec une forte turbulence, de 21h45 à 22h30. Nous étions sur le bord d'une petite route, entre un champ et un petit bois, assez près du fleuve, et nous entendions le coassement des grenouilles. Quel plaisir que de se retrouver sous un beau ciel avec tant d'étoiles! Emmanuel avait son télescope 130/600 et j'avais mes jumelles 9x63 et ma lunette 120/600. J'ai utilisé mes oculaire de 25 mm, 12 mm et 7 mm, pour des grossissements respectifs de 24x, 50x et 86x. Les trois ont servi pour Jupiter et les 25 mm et 12 mm pour les autres objets célestes.

Il ne faisait pas encore tout à fait noir, vers 21h30, et nous avons donc commencé par observer Jupiter, brillant au sud, proche de Spica, dans la constellation de la Vierge, et trois de ses satellites : Europe, Ganymède et Callisto. À la lunette, à 86x, deux bandes nuageuses sombres se discernaient. Ayant observé la planète et ses satellites à 60x avec le télescope d'Emmanuel à 50x avec ma lunette, nous avons pu comparer les qualités optiques des deux instruments, qui sont assez similaires : une lunette de 120 mm n'étant pas obstruée par un miroir secondaire, le résultat est comparable à celui d'un télescope de 130 mm.

Nous avons ensuite observé, avec le télescope et la lunette, l'amas globulaire M5, dans la constellation du Serpent. Une belle grande tache floue, mais non résolue en étoiles. J'y ai aussi jeté un coup d'oeil avec les jumelles 9x63, dans lesquelles il était bien visible.

Par la suite, nous avons cherché des objets célestes différents. Emmanuel a observé le Grand amas d'Hercule (M13), les galaxies M81 et M82 dans la Grande Ourse et un ou deux autres objets.

De mon côté, j'ai dirigé ma lunette vers l'Amas stellaire Coma (Melotte 111) dans la Chevelure de Bérénice, pour y observer l'étoile double 17 Comae. Sans trop de conviction, j'ai fouillé juste à côté pour voir si, par hasard, je ne verrais pas la petite galaxie elliptique NGC 4494. À ma grande surprise, elle y était, visible comme une petite tache floue d'apparence quasi-stellaire. Une belle surprise! Dans les mêmes parages, j'ai aussi tenté de trouver la galaxie NGC 4559 mais, à genoux dans l'herbe, l'inconfort de l'observation proche du zénith m'a rapidement fait abandonner. (Sur l'image ci-jointe, les étoiles 7, 14, 16, 17, 11 et 12 forment le dessin d'un grand « 7 » inversé, la tête en bas, et visible à l'oeil nu : elles font toutes partie de l'Amas stellaire Coma.)

Comme le temps passait et que nous ne voulions pas rentrer tard, je me suis tourné vers une galaxie de la Grande Ourse que je souhaitais observer depuis quelques mois et que je n'avais jamais vue : C7 (NGC 2403). C'est une galaxie qui est sensée être visible aux jumelles, mais je ne l'ai pas trouvée avec cet instrument, le ciel n'étant probablement pas assez noir. Par contre, je l'ai trouvée à la lunette. C7 est une galaxie spirale barré qui se présentait comme une belle tache floue avec deux faibles étoiles à l'avant-plan, sur la ligne de visée. Sa forme me semblait un peu irrégulière et, ne pas avoir su que c'était une galaxie, je crois que je l'aurais plutôt prise pour une nébuleuse.

Cette petite sortie sous un ciel de campagne a fait du bien. Carpe noctem!

samedi 29 avril 2017

Cinq amas et autres – Rapport d'observation astronomique 2017.04.28-29.n

Sur ma lancé d'observation avec ma nouvelle lunette, j'ai refait une petite sortie la nuit dernière, environ de 23h30 à 0h30. Passages nuageux, pas de Lune mais pollution lumineuse urbaine. J'ai utilisé les oculaires de 25 mm et de 12 mm pour des grossissements respectifs de 24x et de 50x et pour des champs réels respectifs de 2,5° et de 1,2°.

J'ai commencé par observer trois amas globulaire de la constellation du Serpentaire : M12, M10 et M14. Les trois étant situés entre 20° et 30° au dessus de mon horizon sud, très pollué de lumière, ils étaient plus ou moins à la limite en vision directe. J'ai ensuite observé, pour la troisième fois en une semaine, le Grand amas d'Hercule, M13, puis j'ai terminé ma tournée d'amas par M29, un amas ouvert dans le Cygne, dont cinq ou six étoiles formaient un petit tapon bien serré.

Ma soirée s'est achevée avec un coup d'oeil rapide à Albireo, dans le Cygne, à la Double-double de la Lyre et à la nébuleuse de l'Anneau de la Lyre, M57. Ces trois observations étaient comparables à celles des deux sorties précédentes.

Là, ce qui me démange, c'est de faire une sortie d'observation à la campagne pour découvrir le plein potentiel de ma lunette, voir des galaxies et, évidemment, pour trouver des objets célestes que je n'ai encore jamais vus!

Carpe noctem!

mercredi 26 avril 2017

Étoiles doubles et amas globulaires – Rapport d'observation astronomique 2017.04.25.s

Pour faire suite au précédent rapport d'observation, je suis effectivement ressorti hier soir, 25 avril, de 21h00 à 22h00, pour observer aux jumelles 9x63 et à la lunette 120/600. Comme j'étais fatigué, je n'ai utilisé que l'oculaire de 25 mm pour un grossissement de 24x et un champ réel de 2,5°. Les conditions d'observation étaient meilleures que la nuit précédente, puisqu'il n'y avait aucun nuage. Cette fois-ci, j'ai observé de la galerie.

Observations à la lunette seule

Jupiter et ses quatre satellites galiléens. C'est fou ce que ça bouge, ces satellites : hier soir, les quatre étaient visibles à l'ouest de la planète tandis que, dix-neuf heures plus tôt, l'un était à l'est, deux autres à l'ouest et le dernier invisible, devant ou derrière Jupiter!

Après Jupiter et ses satellites, je me suis consacré au but de ma soirée : l'observation d'étoiles doubles dans le Bouvier. La plus facile à trouver était δ Bootis, Printseps. Ensuite, j'ai trouvé μ Bootis, Alkalurops, puis ν1 et ν2 Bootis. Je ne sais pas si c'était un effet de mon imagination, mais j'avais l'impression que, dans les trois cas, l'étoile primaire était orangée et l'étoile secondaire bleutée.

Étant parti sur les étoiles doubles, j'ai aussi jeté un coup d'oeil à Alcor et Mizar (A et B), ainsi qu'à la Double-double de la Lyre, ε Lyrae, dont je n'ai vu, cette fois-ci, que deux composantes.

J'ai aussi observé l'astérisme Harrington 1, la Bague de fiançailles, dont fait parie α UMi, l'Étoile polaire, sans distinguer toutefois la composante secondaire de cette dernière.

Observations aux jumelles et à la lunette

J'ai aussi pris un moment pour observer trois amas globulaires : M13, beaucoup mieux placé que la nuit précédente, ainsi que M3 et M92. Aucun des trois n'était résolu en étoiles.

Conclusion

Vive l'astronomie!