jeudi 30 novembre 2017

Une étoile double et un amas ouvert – Rapport d'observation astronomique 2017.11.28.s

Sortie d'observation sur ma galerie, en banlieue. Un peu de Lune et une piètre scintillation. J'ai utilisé le télescope 203/1200 avec des oculaires de 32 mm (38x) et de 12 mm (100x, 200x avec le barlow).

Castor (α Geminorum), à 100x, m'est d'abord apparue comme une étoile mal focalisée, mais je me suis rendu compte que c'était bien les deux composantes principales de cette étoile multiple. Avec le barlow, à 200x, cependant, les deux composantes étaient bien séparées.

NGC 2129, amas ouvert dans les Gémeaux, assez proche de M35. C'est à 100x qu'il s'observait le mieux : environ neuf étoiles visibles en vision directe ou décalée.

dimanche 19 novembre 2017

Orion, la Licorne et autres – Rapport d'observation astronomique 2017.11.17.s

Sortie d'observation sur ma galerie, en banlieue, avec les jumelles 9x63 et la lunette 120/600 (grossissements de 24x et 50x), de 21h00 à 22h30 approximativement. Pas de lune, mais la pollution lumineuse habituelle. Ma première idée était d'essayer mon barlow, mais il ventait beaucoup et, à 100x, les étoiles étaient trop floues. C'est ce qu'on appelle une mauvaise scintillation, du reste annoncée sur le site de Clear Sky Chart, et je me reprendrai. Mais qu'importe : j'ai fait de belles observations, avec le retour du ciel d'hiver, et je suis content.

Le télescope bien mis en température, j'ai commencé par observer les Pléiades, M45, aux jumelles puis à la lunette, puis je suis passé à mon premier objectif de la soirée : Collinder 70. Col 70 est, selon les sources, un astérisme ou un amas ouvert. Il comprend, ou « entoure », ce n'est pas trop clair, les trois étoiles de la Ceinture d'Orion : Alnitak, Alnilam et Mintaka, ainsi qu'une grande quantité d'étoiles plus faibles. Parmi elles, une longue courbe en forme de S, qui serpente entre Alnilam et Mintaka est tout simplement remarquable. J'ai observé Col 70 aux jumelles et à la lunette, à 24x. À la lunette, il dépassait très largement le champ de 2,5°, mais sa richesse stellaire était impressionnante, en particulier sa courbe en forme de S. À revoir sous un beau ciel de campagne!

J'ai ensuite observé, toujours dans Orion, l'amas ouvert NGC 1981, la Grande nébuleuse d'Orion, M 42, et l'autre amas ouvert Collinder 72. Les trois objets célestes étaient visibles dans le même champ aux jumelles et à la lunette, à 24X. L'ensemble est vraiment impressionnant à voir. À 50x, trois étoiles du Trapèze se distinguaient facilement. Malheureusement, la pollution lumineuse empêchait de discerner les nébuleuses diffuses NGC 1977 et NGC 1980, dans le même champ. Mais j'ai pu observer facilement la tête d'Orion : l'amas ouvert Collinder 69. C'était la première fois que je prenais le temps d'observer attentivement les deux objets Collinder 70 et 72.

Dans la Licorne, cette fois-ci, j'ai observé à la lunette, à 24x et 50x, l'amas ouvert NGC 2232, ma nouveauté NGC de la soirée. Il m'a cependant fallu attendre qu'il sorte d'un arbre pour bien le voir ! Cet amas comprend l'étoile 10 Mon. Il semble en deux parties qui peuvent faire un peu penser à des parenthèses opposées )(, mais il semblerait que la partie au nord-ouest ne fasse pas partie de l'amas. Serrées autour de 10 Mon (de magnitude 5), et visibles en vision décalée, trois petites étoiles de magnitude 9.

J'ai enfin jeté un coup d'oeil rapide à deux autres amas, aux jumelles et à la lunette : M35, dans les Gémeaux, et M37, dans le Cocher.

En mettant à jour ma liste d'observation, par après, j'ai constaté que j'ai maintenant trouvé et vu davantage d'objets diffus non-Messier du ciel profond que d'objets Messier (que j'ai tous trouvés et vus de 2014 à 2016).

Carpe noctem !

samedi 21 octobre 2017

Sortie à Saint-Pierre avec Martin, Julie et Marie – Rapport d'observation astronomique 2017.10.20.s

Lors de ma visite précédente à l'observatoire du club d'astronomie Le Ciel Étoilé, en septembre, Martin m'avait invité à y retourner avec sa conjointe Julie et lui, lors d'une prochaine visite. C'est ce que nous avons fait hier soir.

La soirée s'annonce fraîche et dégagée, sans Lune. Nous partons donc vers 17h30 pour nous rendre d'abord au restaurant l'Arrêt-Stop, à Berthier-sur-Mer, où nous rejoignons Marie et soupons les quatre ensemble. Vers 20h00, nous arrivons à l'observatoire où Denis et d'autres membres du club sont déjà présents, ainsi que des familles des alentours que Denis initie à l'astronomie. Plusieurs télescopes sont sortis, dont le T305/1524 que nous utiliserons plus tard.

En arrivant, la Voie Lactée est visible et l'horizon sud est magnifique. Malheureusement, un voile nuageux, épais et motonneux, arrive du nord-ouest. Il faut attendre. Pendant environ deux heures, quelques étoiles percent par-ci par-là à travers les nuages et nous attendons, jasant dehors ou allant nous réchauffer quelques minutes dans le chalet. Finalement, au moment où nous commençons à envisager de partir, le ciel commence à ce dégager. Profitons-en!

Avec mes jumelles 9x63, je m'empresse de chercher les deux objets célestes que j'ai le plus envie de voir ce soir-là, tous les deux dans la constellation du Sculpteur, près de l'horizon sud : la Galaxie du Sculpteur, NGC 253, et l'amas globulaire NGC 288. La galaxie est facile à trouver, étendue et brillante. L'amas globulaire, lui, environ 1°45' au SE de la galaxie, ne se laisse voir qu'en vision décalée, mais les deux objets sont visibles dans le même champ. Martin me suggère alors de les chercher avec le T305/1524. Je munis donc le télescope d'un oculaire de 32 mm, pour un grossissement de 48x. La galaxie se trouve assez facilement et nous l'observons les quatre à tour de rôle : c'est une belle galaxie spirale, étendue et lumineuse, qui fait penser à M31 en plus petit. Je trouve ensuite l'amas globulaire que nous observons de nouveau tous les quatre : il assez étendu et plutôt homogène, en ce sens que le centre n'est pas beaucoup plus lumineux que la périphérie. J'ai l'impression que, vus ensemble dans un champ de mettons 2°30' à 3°, avec par exemple une lunette de 4 ou 5 pouces, l'observation de ces deux objets ensemble doit être particulièrement agréable. NGC 288 était pour moi une nouveauté, tandis que mon frère Emmanuel m'avait déjà montré NGC 253 il y a deux ans, dans son 12 pouces.


Les objets suivants sont ensuite trouvés par Martin au télescope et nous les regardons tous à tour de rôle. E.T., NGC 457, amas ouvert dans Cassiopée que Julie aime regarder à toutes ses sortie, en souvenir de Monsieur Collin. La Nébuleuse du Crabe, M1, un rémanant de supernova dans le Taureau. La Grande galaxie d'Andromède, M31, ainsi que ses deux galaxies satellites M32 et M110. Elles sont fantastiques et je ne les ai jamais si bien vues. Un moment donné, j'ai même l'impression que M31 se résout en étoiles par endroits, si on l'observe bien attentivement, mais c'est probablement là le fruit de mon imagination enthousiaste. Les Pléiades, M45 : Marie nous fait remarquer que la nébulosité qui les entoure est bien visible, en particulier autour de l'une des étoiles.

Avec mes jumelles, je jette aussi un coup d'oeil aux Hyades, amas ouvert dans le Taureau, magnifiques dans ce beau ciel de Saint-Pierre. Marie, elle, avec son monoculaire, observe la Cascade de Kemble, un astérisme dans la Girafe.

Mais comme nous ne voulons pas rentrer trop tard, nous décidons finalement de ranger le matériel et les chaises. Malgré deux heures de nuages, nous avons eu un très agréable quarante-cinq minutes d'observation. Grand merci à Martin et Julie de m'avoir invité à aller à Saint-Pierre avec eux! Grand merci à Marie qui publie régulièrement mes rapports d'observation dans le Pierrot la Lune! Grand merci à Denis qui communique sa passion de l'astronomie à tant de gens! C'est vraiment un beau club.

samedi 7 octobre 2017

La Lune vue de ma cuisine – Rapport d'observation astronomique 2017.10.06.s

Jamais je n'ai fait une séance d'observation aussi « pepère »! Hier soir, 6 octobre, j'aperçois la Lune par la fenêtre de la cuisine. C'est le lendemain de la pleine Lune, donc il ne lui manque pas grand-chose du côté est (les points cardinaux mentionnés ici sont les points cardinaux lunaires) et le contraste entre les zones claires et sombres est excellent. Il me prend donc l'envie d'y jeter un coup d'oeil aux jumelles 8x26. Même à travers la fenêtre, la visibilité est très bonne et je décide d'utiliser plutôt mes 9x63. C'est une excellente idée et c'est donc assis sur une chaise, dans ma cuisine, les coudes bien appuyés sur le comptoir, que je passe cette demi-heure à regarder la Lune.

Un astérisque (*), dans le texte ci-dessous, indique un élément de la géographie lunaire que j'observais pour la première fois.

J'ai en particulier observé quelques cratères dont la tonalité contrastait bien avec celle du terrain environnant : soit des cratères au fond sombre dans un environnement clair (Plato et Grimaldi) soit des cratères au fond clair dans un environnement sombre (Tycho, Copernic, Aristarchus, Seleucus, Reiner Gamma* et même, chose étonnante, le minuscule cratère Lichtenberg*!) Mais j'ai aussi observé des plaines : Palus Epidemarium, Lacus Excellentiae* et Lacus Timaris*) et toutes les mers principales. Ce qui m'a le plus intrigué est une zone claire, au nord-est de Tycho, que je croyais d'abord être un cratère mais qui semble plutôt une zone de terrain très claire, tapissée de matériaux datant vraisemblablement de la formation de Tycho : la « Tache brillante de Cassini ».

Et puis, je ne peux m'empêcher d'évoquer ce moment extraordinaire, lorsque deux oiseaux, minuscules et lointains, sont passés devant le disque lunaire!

vendredi 6 octobre 2017

Au bord de l'Océan des Tempêtes – Rapport d'observation astronomique 2017.10.03.s

Hier soir, 3 octobre, je suis sorti sur la galerie avec mon télescope 114/1000 muni d'un oculaire grossissant 200x. La Lune était presque pleine et je voulais observer quelques éléments de son relief à la limite des zones claires et obscures, dans la région de l'Océan des Tempêtes. Les points cardinaux mentionnés ici sont les points cardinaux lunaires.

En fait, j'espérais profiter d'une lumière rasante pour tenter d'observer Rima Schröter, une vallée, ou plus exactement une ancienne et immense rigole de lave, qui part du cratère Herodotus, longe le cratère Aristarchus vers le nord, puis s'incurve vers l'ouest à travers le Plateau Aristarche, pour redescendre ensuite vers le sud-ouest et se perdre dans l'Océan des Tempêtes. La lumière n'était cependant plus rasante à cet endroit : il aurait fallu que je m'y prenne un ou deux soirs plus tôt. J'ai quand même réussi à voir les cratères Aristarchus, déjà observé, et Herodotus, jamais observé, ce dernier étant un peu plus difficile à voir. Je me suis même demandé si, en vision indirecte, je n'avais pas réussi à apercevoir, comme une incertaine tache de lumière, le mont bordant, à l'est, la « Tête de Cobra », nom donné au point le plus large de Rima Schröter, à son point de départ. Mais c'était peut-être mon imagination et je n'ajouterai pas ce mont à ma liste d'observation. L'astronomie est une école de patience : pour voir Rima Schröter, il me faudra m'y reprendre un soir où la zone en question bénéficie d'un éclairage rasant de l'est ou, mieux encore, un matin où la zone bénéficie d'un éclairage rasant de l'ouest. Je crois aussi qu'il me faudra peut-être prendre le T203/1200 à 240x. On verra bien – ou pas!

Outre Aristarchus, j'ai quand même observé quelques cratères pour la première fois. Me déplaçant d'Herodotus vers l'ouest, j'ai pu observer Schiaparelli, petit et relativement difficile à voir, avant d'arriver à Briggs, à la limite des zones claires et obscures. Puis je suis remonté vers le nord, observant Eddington, dont une partie du rempart est pratiquement enfouie sous les laves de l'Océan des Tempêtes, Seleucus et les deux cratères jumeaux Krafft et Cardanus. Dans cette région, j'ai aussi tenté d'observer le petit cratère Galilaei, mais je n'y suis pas parvenu (peut-être à tenter de nouveau en même temps que Rima Shröter?) Continuant vers le nord, j'ai finalement observé Cavalerius, Hevelius, Lohmann, Grimaldi (le seul déjà observé, avec Aristarchus) et Sirsalis. En ce qui concerne Grimaldi, qui a à première vue l'apparence d'un cratère rempli de lave, comme Plato, on le considère plutôt comme un bassin.

Un voile de nuage est ensuite arrivé et a mis fin à ma séance d'observation.